L’Amour (fou) pour un criminel – Revue de presse


L’accueil chaleureux et systématiquement positif réservé à mon dernier livre, paru le 30 avril 2015 aux Éditions Le Cherche Midi, me stupéfie et m’honore. J’ai donc référencé les publications et émissions qui lui ont été consacrées. En toute immodestie – une fois n’est pas coutume 😉

  1. Le Parisien/Aujourd’hui en France http://www.leparisien.fr/faits-divers/follement-amoureuses-de-criminels-29-04-2015-4733661.php
  2. La Matinale LCI : http://lci.tf1.fr/videos/la-matinale-lci/l-invite-de-la-matinale-lci-isabelle-horlans-8601728.html
  3. RTL / L’heure du crime http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/les-histoires-d-amour-derriere-les-barreaux-7777508782
  4. RTL / Les Grosses Têtes http://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/lecon-de-seduction-dans-les-grosses-tetes-7777511941
  5. La Nouvelle Édition Canal Plus http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/c-la-nouvelle-edition/pid6850-l-emission.html?vid=1256324&sc_cmpid=LNECanal
  6. VSD 2015-04-30~1582@VSD
  7. Le Figaro « On ne parle que de ça » : http://video.lefigaro.fr/figaro/video/ces-femmes-qui-font-des-tueurs-en-serie-leurs-idoles/4205885170001/
  8. Metronews http://www.metronews.fr/info/tomber-amoureuse-d-un-criminel-des-femmes-souvent-un-peu-desequilibrees/modC!Dzi1O3LpljiKs/#
  9. C à Dire / France 5 http://www.france5.fr/emissions/c-a-dire/diffusions/01-05-2015_323357
  10. France 3 Champagne-Ardenne http://france3-regions.francetvinfo.fr/champagne-ardenne/2015/05/01/la-journaliste-isabelle-horlans-est-l-invitee-du-1920-716421.html
  11. L’Est Républicain http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2015/05/03/de-la-franche-comte-a-la-bourgogne-en-passant-par-la-lorraine-ces-femmes-qui-aiment-des-monstres
  12. Vosges Matin 2015-05-05~1479@VOSGES_MATIN
  13. France Bleu Champagne http://www.francebleu.fr/arts-et-spectacles/17h39-invite-spectacles-france-bleu-champagne-ardenne/invite-spectacle-fb-champagne-ardenne-267
  14. Livres Hebdo 2015-05-04~1405@LIVRES_HEBDO
  15. LCI / Le 5 à 7 de Michel Field (cette émission n’est pas disponible en replay)
  16. France Inter / Secrets d’info http://www.franceinter.fr/emission-linterview-isabelle-horlans-au-sujet-de-lamour-fou-pour-un-criminel
  17. L’Union/L’Ardennais http://www.lunion.com/476202/article/2015-06-01/ces-folles-amoureuses-de-la-beaute-du-diable
  18. France 5 / C à Vous http://www.france5.fr/emissions/c-a-vous/diffusions/11-05-2015_325429
  19. France 2 / Un soir à la Tour Eiffel http://www.france2.fr/emissions/un-soir-a-la-tour-eiffel/videos/replay_-_un_soir_a_la_tour_eiffel_13-05-2015_793151
  20. iTélé / TeamToussaint 14 mai – 9h15 (pas de replay)
  21. L’Obs / Bibliobs http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20150513.OBS8908/pourquoi-tant-de-femmes-sont-elles-attirees-par-les-serial-killers.html
  22. France 3 / Le Grand Soir 3 http://www.francetvinfo.fr/societe/ces-femmes-amoureuses-de-criminels_915845.html
  23. Le Point http://www.lepoint.fr/societe/pourquoi-tant-de-femmes-tombent-elles-amoureuses-de-serial-killers-24-05-2015-1930783_23.php
  24. i24news France + Israël lundi 25 mai à 7h45 heure de Paris : lien à venir
  25. France 5 / Le Magazine de la santé/Allo Docteurs : http://pluzz.francetv.fr/videos/le_magazine_de_la_sante_,122738166.html …
  26. RMC/BFMTV « Lahaie, l’Amour & Vous », jeudi 4 juin : lien à venir
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En librairie jeudi 30 avril 2015…


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Elles sont âgées de 20 à 50 ans, elles ont des projets, un mari, une carrière, parfois même la fortune. Pourtant, un jour, sur un coup de tête, elles vont tout plaquer par amour pour un criminel, le plus souvent un tueur en série.

Les condamnés à perpétuité et les pensionnaires des « couloirs de la mort » jouissent d’une aura stupéfiante. La plupart des femmes qui leur écrivent ou les demandent en mariage ne les connaissent même pas, elles ne les ont vus qu’à la télévision ! Mais cela a suffi à provoquer leurs battements de cœur. Comment est-ce possible ? Il existe plusieurs réponses. Chaque liaison est différemment motivée. Voici leurs histoires si singulières…

Elles se prénomment Monique, Béatrice, Stéphanie, Sandrine, Laurence, Patricia, Doreen, Anna… Et, souvent, quand elles évoquent leur attachement, leur expérience, le romanesque l’emporte sur l’apparente absurdité de leur condition.

Isabelle Horlans est journaliste depuis trente ans. Elle a travaillé en presse écrite et à la télévision, couvert des faits divers, des procès, des guerres. Elle est aussi l’auteur de plusieurs livres.

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Deux thrillers qui valent le détour


Si vous avez envie de gâter un amateur de thriller, deux idées à puiser chez Sonatine Editions, l’un de mes fournisseurs préférés, la grande maison du roman noir :
1- « Au-dessus des lois », de Justin Peacock. Pitch : Duncan Riley, avocat new-yorkais un brin idéaliste, bosse comme un damné sur un accident du travail pour un client promoteur. Et il défend pro bono l’accusé du meurtre d’un vigile de ce même promoteur un poil véreux. Duncan n’a pas idée du piège diabolique qui lui est tendu. Il fonce tête baissée et quand il se prend le mur, c’est évidemment trop tard…
Bien écrit, par un avocat de Brooklyn qui connaît son affaire. Nettement supérieur à du John Grisham. 664 pages, 23 euros.
2- « Les Assassins », de R.J. Ellory. Pitch : John Costello, documentaliste au City Herald, spécialiste des criminels depuis qu’il a survécu à un drame, convainc la journaliste Karen Langley et le policier Ray Irving qu’un cinglé reproduit, à New York, les assassinats de tueurs en série célèbres. Débute alors une traque à trois, angoissante, avec au détour de (presque) chaque page une question lancinante : si Costello n’était pas celui qu’il dit être ?
Suspense garanti jusqu’à la fin de ce pavé de 572 pages, le meilleur livre de Ellory depuis « Seul le silence ». 22 euros.
Bonne lecture

 

 

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A lire : Le moineau rouge, de Jason Matthews


Qui aime les thrillers d’espionnage parfaitement documentés à la John Le Carré ou Graham Greene doit absolument investir 21,50€ dans Le Moineau rouge, paru aux Éditions Le Cherche Midi (*). L’auteur, Jason Matthews, n’est pas seulement un ancien officier de la CIA, expert du contre-terrorisme et de la clandestinité pendant trente-trois ans ; il est aussi un habile conteur qui maîtrise remarquablement le suspense jusqu’au bout de la longue route de ses héros, la Russe Dominika Egorova et l’Américain Nathaniel Nash. Vainqueur de l’Edgar Award du « meilleur premier roman », ce vétéran californien aux faux airs de professeur d’économie à UCLA invite à découvrir les méthodes dont usent et abusent les services de renseignement de l’Ouest et de l’Est nostalgiques de la Guerre froide (1947-1991). Les informations normalement classifiées enrichissent une fiction menée tambour battant, avec des morts, des trahisons, des mensonges, des risques permanents, des traques échevelées et, last but not least, de l’amour (cependant à mille lieues de la mièvrerie). L’ouvrage est aussi un bonheur de lecture parce que bien écrit, dans un style riche et imagé. Exemple ici :

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Les portraits des seconds couteaux sont à eux seuls des intermèdes savoureux, bien que je doute qu’ils soient appréciés par le FBI et Vladimir Poutine, notamment. Seul petit bémol : le long passage par « l’école des moineaux » (dite « des putains »), une section soviétique qui formait (forme ?) les agents du SVR (ex-première direction du KGB) à séduire l’ennemi. Ce chapitre-là, même édifiant, m’a parfois donné la nausée. Qu’importe, au final, tant l’œuvre est une réussite, un « page-turner » qui, achevé, vous donne immédiatement envie de lire un tome II. C’est envisageable car le redoutable Jason Matthews nous a concocté une fin qui autorise une suite. On la demande, on l’espère.

Référence et résumé sur le site de l’éditeur, ici : http://www.cherche-midi.com/theme/Le_Moineau_rouge-Jason_MATTHEWS_-9782749140766.html

* Par souci de transparence, j’indique être moi-même l’un des auteurs du Cherche-Midi. Mais ceci n’explique absolument pas cela.

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Twitter, cet étrange compagnon…


Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici, parce que j’écris ailleurs. Trop de lignes, overdose de signes. Des centaines de milliers. Un lot consacré au cancer, le deuxième à des tueurs, le troisième à un roman, le dernier à une pièce de théâtre très joyeuse. Un lot… Quel vilain mot pour figurer toutes ces pages qui m’ont épuisée, parfois lassée, souvent effrayée tant elles restaient à moitié blanches pendant des heures ! Elles me fatiguent encore puisque, à la louche, il en reste huit cents à noircir. Seules celles consacrées au cancer sont parties chez l’imprimeur ; j’ignore si elles seront un jour en librairie car Marisol Touraine, ministre de la Santé, a brutalement limogé l’oncologue qui les avait commandées. Peu m’importe, pour deux raisons :

1 – Si ce projet est jeté à la poubelle, je trouverai un moyen pour que les cancéreux et leur entourage le lisent : les témoignages aident à surmonter les épreuves. Je reste « propriétaire » de mes travaux – deux mois en immersion parmi les malades.

2 – Il me rapportait si peu que, publié ou pas, je ne serai pas plus riche.

Quel rapport avec le titre de ce billet ? J’y arrive.

Trop d’écriture enfiévrée = moins de temps pour m’échapper sur Twitter. Pourtant, grâce à l’oiseau bleu, je passe de merveilleux moments depuis quatorze mois. Seule la communauté qui partage ses élans sur le réseau comprendra immédiatement à quoi je fais allusion [1] : trésors d’humanité, pitreries, photos, astuces, infos, alertes entraide, pétitions, simples clins d’œil ou émoticônes qui prouvent que « l’autre » est là, soit au milieu de l’insomnie, soit au bord du précipice. Curieusement, lorsque je sombrais fin 2012, des twittos (le masculin l’emportant, je zappe les twittas) m’ont parfois mieux relevée que certains proches IRL (In Real Life). Ces twittos sont devenus intimes de visu, ou par la voix, les SMS, les mails. J’ai découvert tant de belles personnes sur Twitter qu’il est difficile de toutes les répertorier [2]. J’ai aussi retrouvé plein de copains, même une amie (oui @EEhrmann, c’est toi).

Tout ce blabla pour dire quoi, exactement ? J’y suis :

Ce matin, je me suis éveillée en pensant à la chère @mwyler qui subit ce jeudi 18 juillet deux examens médicaux. Ensuite, un oncologue lui dévoilera le « protocole » défini exprès pour elle. Chimiothérapie pour réduire les tumeurs de ses « boobs » (elle les désigne ainsi, et s’en moque avec son humour juif ici : http://kitchenbazar.eu – tapez « tumeurs », ça dégringolera en six épisodes) ou direct la mastectomie (plus besoin de sous-titres grâce à la courageuse Angelina Jolie). J’espère en tout cas que Manuela nous fera encore profiter, dans vingt ans, de ses recettes ashkénazes (y a intérêt, bella).

Puis, à 12h04, l’hôpital Georges-Pompidou nous a appris que le cœur de ma tante a cessé de battre. J’ai toujours dit « ma tante » mais c’était une cousine germaine de maman. Je l’aimais passionnément. Quand j’étais gamine, je voulais être elle, qui travaillait à l’OTAN et roulait en cabriolet. Elle avait un chapelet de métastases et plus de 80 ans. Alors la lutte, très peu pour elle, merci bien. Je m’attendais au pire.

Mais le pire du pire est que j’ai envoyé ce matin un SMS à la twitta @mwyler et rien à ma tante. Je voulais l’appeler plus tard. Plus tard, « mon » expression détestable. Ma tare.

Vous ne comprenez toujours rien à ce billet décousu ? Moi non plus, à vrai dire. Les seuls liens entre tête, ventre et pieds sont le cancer et Twitter. Autrement dit : mon livre finira peut-être aux orties malgré les paroles de malades qu’il recèle ; ma copine de chez l’oiseau bleu est devenue si importante à mes yeux que je pense à elle depuis l’aube ; ma tante est morte sans même un texto – je lui avais pourtant dit d’ouvrir un compte Twitter (humour juif destiné à mwyler).

Conclusion hasardeuse (le mot « foireuse » m’est passé le premier par la tête) : foin de travail à finir ou de problèmes à régler, seuls comptent l’amour et l’amitié ! Aujourd’hui, j’ai privilégié l’amitié virtuelle au détriment de l’amour familial. Je ne le regrette pas même si, du côté de mon « Surmoi », je vais le payer. Mais j’ai le sentiment que c’est encore Twitter, cet étrange compagnon, qui va m’aider à achever cette saloperie de journée.


[1] Les autres sont les bienvenus

[2] Pensée particulière pour @LHallyday @Squirelito @Kaptain_Flam @amiraltiti @PJ_un_jour @WonderNaddie @Solinette75 @jugedadouche @Riiingmybells @Bip_Ed @Proc_Gascogne @RoseurSupreme @cieldetraine @Marie_Jou @Padre_Pio @HomoGenevensis @Marvellaw @RoseOuRenard @LeLoupPhoque @Tinkerbell_ring @Gemininette @KarimHacene @Jaafhar @Adishatz93 @Mwyler @marieannesoubre @YaelAbrot @NobleMissBennet @k_narre @DominiqueLUNEL @METACAPUCHE @Abd_Al_Hak @aureliepoupee @Clio_Rouge @AlexdeCantabria @titetinotino @PY_P_ @ProfesseurBang @Ben_Malaussene @judge_marie @Spaceteam32

 

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Liberté, encore…


Liberté, encore...

L’amie américaine, que j’ai photographiée un jour de février 2011

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Liberté…


Il y a peu, j’ai eu envie d’écrire autrement que sur les pages Word de mon Mac pour un employeur ou un éditeur. La crise, les injustices et l’intolérance m’incitaient à réagir comme bon me semblerait. Si possible sans parti pris. C’est à dire sans obligation de dénigrer la droite parce que c’est politiquement correct et sans crier haro sur la gauche car c’est devenu trop facile. En essayant, simplement, de livrer un point de vue avec objectivité – cependant relative puisqu’elle s’appuie sur les seules représentations que j’en ai. Atteindre cette espèce d’universalité dont parlent les philosophes est utopique et je n’en ai pas les capacités. Disons que je ferai de mon mieux pour rester honnête.

L’envie de témoigner, aussi, me taraudait. Raconter des choses vues, entendues, tranches de vie ordinaires qui n’intéressent plus trop les journaux. Ces séances de chimiothérapie, par exemple, auxquelles j’assiste en ce moment par la volonté d’un éditeur. Pas l’aiguille dans la veine ni le teint jaune du valétudinaire, non, juste les rires, les projets, le combat couteau entre les dents, les perruques de travers et le dévouement du personnel soignant. Tout cela peut-être très gai, croyez-moi.

Donc, un jour que je m’étranglais de rage (l’affaire Cahuzac, voir les archives au grenier), j’ai choisi la facilité et ouvert un blog sur le site de Mediapart. Il n’y avait rien d’autre à faire que trouver un titre et écrire. J’ai publié trois billets en accès libre. J’ai appris que mes amis ne pouvaient pas les commenter, sauf à s’abonner au journal. Premier écueil. Puis, quoi que j’écrive, l’intention demeurait incomprise par certains proches qui ne partagent pas les opinions de Mediapart. Si j’apprécie ce poil à gratter qui me coûte 9€ par mois,  j’aime aussi mon Figaro Digital à 144€ par an ; je souhaitais donc partager avec le plus grand nombre cette vision de l’information éclectique. Enfin, je suis éprise de liberté.

Alors je me suis offert WordPress ; chacun pourra s’y connecter et me contredire. Il y aura de tout, sur ce blog, parce que je suis un pigeon gris qui a toujours picoré ici et là. Sauf dans les poubelles.

Merci à tous ceux qui me feront l’honneur d’une visite.

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Les trois billets publiés sur Mediapart


Affaire Cahuzac : J’ai mal à ma carte de presse

02 avril 2013 | Par Isabelle Horlans – Mediapart.fr

« Sidération ». Le mot s’est répandu dans les couloirs du Parlement, les rédactions, les salons, les permanences d’élus, les bistrots, jusque sur les bancs du Parc des Princes où le PSG affrontait ce soir le Barça… Sidération, ce mardi 2 avril 2013, le même nom féminin que les Français utilisèrent dimanche 15 mai 2011 lorsque déferla, d’Amérique, la nouvelle de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Ce terme, associé à l’anéantissement subit des forces vitales, est rarement employé en politique ; il convient plus à la vision d’un tsunami, par exemple. Pourtant, il apparaît spontanément à nos bouches bées tant il est sidérant de voir un Républicain, ministre, élu du peuple, chirurgien – tout simplement un homme – mentir avec autant d’aplomb pendant quatre mois. Mentir, main sur le coeur, yeux dans les yeux, au Président, au Premier ministre, aux députés, à ses administrés, à la presse, à ses amis, à sa famille. Comment est-ce possible ? Les psychiatres sauront répondre – une histoire de déni de la réalité, sans doute, étayée par ce sentiment de surpuissance qui tant tourneboula la tête de DSK et le perdit. L’affaire Cahuzac sera disséquée par de grands spécialistes, laissons-les démêler « l’écheveau de la vie intérieure » (Mauriac) de Jérôme Cahuzac. Et puis, comme le disent quelques sages, ne tirons pas sur l’ambulance qui roule sur les essieux.

Revenons plutôt sur les journalistes, dont je suis. Nous avons été quelques poignées à soutenir Mediapart et ses reporters, surtout Fabrice Arfi en décembre 2012 ; il était alors bien seul. A croire que Mediapart ne pouvait informer (et non accuser) ses lecteurs sans preuve(s). Dès le premier article, nous avons su qu’il était impossible d’être à la fois titulaire d’une carte de presse et joueur de roulette russe voulant abattre une réputation. C’était trop gros, trop monstrueux, trop stupide surtout : Mediapart allait risquer de détruire sa cinquième année d’existence pour « un coup » basé sur des ragots, sur un enfumage digne des meilleurs communicants ? Allons ! Des dizaines d’autres confrères se sont bouché le nez, ont riposté à grand renfort d’insultes, ont rivalisé de mépris et les plus généreux ont observé « un silence assourdissant », selon la formule consacrée. Quand est tombée la « preuve » de la non-existence d’un compte en Suisse, l’Arlésienne que personne n’a tenue en main, lesdits confrères ont sonné l’hallalli dans un concert de cors triomphants. Edwy Plenel a tenu bon, sur Europe 1 notamment, sur l’air tranquille de « la caravane passe… ». Entendons-nous bien : je ne suis pas une amie d’Edwy Plenel et je faisais partie des Français plutôt satisfaits de voir Cahuzac au Budget. Je croyais en son engagement et en sa volonté de refonder le système fiscal sur des bases plus saines (d’où ma sidération, depuis quatre mois). Sans Mediapart (et je me moque que ce soit un site d’informations de gauche, droite, centre, avant-centre ou latéral), jamais il n’y aurait eu « d’affaire Cahuzac » – ou peut-être un jour mais alors par hasard. Cette enquête est une belle leçon donnée à la presse, au-delà de la nausée que provoque son épilogue, ce parjure honteux, indigne d’un serviteur de l’Etat, ces mensonges d’un homme. Ce soir, je suis heureuse de n’avoir pas participé à la chasse à courre contre Mediapart, Edwy Plenel, Fabrice Arfi et tous les journalistes de cette rédaction. Mais j’ai un peu mal à ma carte de presse numéro 51634. Ce doit être parce qu’elle est vieille.

Les affaires politiques, jusqu’à la nausée…

08 avril 2013 | Par Isabelle Horlans – Mediapart.fr

Ad nauseam. Depuis une semaine, plus une heure ne s’écoule sans une révélation, une simple question, voire une rumeur « fondée » sur une non-information, comme en ce lundi 8 avril 2013 qui voit le quotidien Libération faire sa Une sur de prétendues investigations que les reporters de Mediapart n’ont peut-être même pas entreprises. Je regrette au passage de ne plus enseigner au CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) car j’aurais fait mon miel de ce stupéfiant cas d’école. Mediapart a initié l’affaire Jérôme Cahuzac, la Justice a ordonné l’enquête et, par ses aveux, l’ancien ministre du Budget a ouvert la boîte de Pandore. S’en échappent depuis de saines interrogations, de vraies découvertes, hélas aussi des relents de course effrénée aux supputations et à la dénonciation. Comme si des médias qui ont raté le coche, désormais débridés, voulaient à n’importe quel prix coiffer au poteau Mediapart jusqu’à se faire parfois auxiliaires du fisc. Danger : révéler, c’est d’abord enquêter, un verbe qui recèle les notions de temps, recoupements, mesure ; tout le contraire de l’emballement. Fabrice Arfi l’a indiqué, il lui a fallu trois mois pour être sûr et publier. Trois mois. Las ! au train où vont les choses, où en serons-nous en juillet ? A jeter les bases de la VIe République sur un cimetière d’hommes politiques soupçonnés ou convaincus de turpitudes ? Gardons-nous d’aller trop vite. D’autant que, si honteuse et détestable soit l’affaire Cahuzac, elle n’est qu’un scandale parmi d’autres (dans le désordre : Urba, Elf, Carrefour du développement, HLM et emplois fictifs de Paris, faux électeurs, Clearstream, etc.) ; c’est cela qui devrait donner le tournis, donner à réfléchir. Depuis les années 1980, on s’accomode de petits arrangements entre amis : révélation, indignation, condamnation par les tribunaux, puis amnésie collective sur le mode du « clou qui chasse l’autre ». Pourquoi les affaires se succèdent-elles sans que le législateur ose, une fois pour toutes, se saisir des moyens dont il dispose pour traquer les fraudeurs et écarter définitivement de la scène politique les délinquants qui la souillent ?

Souvenons-nous, par exemple, de « L’Appel de Genève », initié par le journaliste écrivain Denis Robert. C’était en 1996, j’étais l’envoyée spéciale de Canal Plus dans cet amphi aux rangs clairsemés, face à sept juges anti-corruption : le Suisse Bernard Bertossa (père d’Yves, actuel substitut du procureur général de Genève), le Français Renaud van Ruymbeke, les Espagnols Baltasar Garzon et Carlos Jiménez Villajero, le Belge Benoît Dejemeppe, les Italiens Edmondo Bruti Liberati et Gherardo Colombo. A l’époque, instruits des malversations financières rendues possibles par la prolifération des paradis fiscaux, ils tiraient déjà la sonnette d’alarme. Ils demandaient une coopération internationale en matière de lutte contre la corruption. Leur appel fut accueilli par des commentaires caustiques, on railla les chevaliers blancs de la justice, par quelques applaudissements aussi, venus de parlementaires qui, yeux dans les yeux, jurèrent l’avoir entendu et en tirer les enseignements.

Dix-sept ans après, les paradis fiscaux, loin d’avoir disparu, hébergent toujours les fraudeurs avec la même facilité, ou presque. Certes, les CRI (commissions rogatoires internationales) sont mieux accueillies, parfois même suivies d’effets, mais cela tient plus aux rapports entre magistrats qu’à une volonté des chefs d’Etats. Rendons grâce à Nicolas Sarkozy d’avoir voulu « éliminer les zones d’ombre de la finance internationale » mais n’oublions pas que son discours d’octobre 2008 resta lettre morte. Et l’on s’étonne qu’un Jérôme Cahuzac ait profité d’un système si bien protégé ? Aujourd’hui pris dans la tourmente, François Hollande et son gouvernement veulent « moraliser la vie politique » – formule qui, pour les raisons exposées supra, commence à me taper sur le système. Soit. N’étant pas experte, j’ignore comment ils s’y prendront. Mais j’ai l’impression que ce billet pourra être actualisé et republié dans dix ans. J’espère me tromper.

La charité chrétienne de Christine Boutin

14 mai 2013 | Par Isabelle Horlans – Mediapart.fr

Depuis quelques mois déjà, je n’en pouvais plus. Je rongeais mon frein après chaque prise de parole de Frigide Barjot et/ou Christine Boutin. Seul l’esprit de tolérance m’empêchait de fustiger leurs outrances. Je m’y tenais d’autant plus facilement que nul ne m’a demandé mon avis ; je ne suis qu’une citoyenne lambda. Que je sois favorable au mariage entre deux personnes qui s’aiment, quel que soit leur sexe, n’intéresse personne. Puis sont apparus les manifs de masse, les slogans injurieux, la violence d’une « Internationale catholique« , les campagnes homophobes, les appels à faire couler le sang et, à partir de là, j’ai commencé à m’inquiéter pour mon fils que j’élève dans le respect des idées que chacun se fait de sa vie. Je lui apprends qu’il est essentiel d’être heureux, mais sans déranger les autres : il ne faut surtout pas nuire à autrui. Le « spectacle » de la rue, de ces familles déchaînées contre « deux papas » ou « deux mamans » m’a tant choquée que j’aie dû me contraindre à des cours supplémentaires d’éducation civique, à de constantes piqûres de rappel : non, mon fils, les images que tu vois au journal télévisé le dimanche soir ne sont pas le reflet de la France que j’aime, de l’existence que je te souhaite, de l’avenir que je t’aide à construire. Cette France là existe, ne la nions pas, mais ses valeurs ne sont pas les nôtres. Je lui ai même raconté que, durant toutes mes années de chronique judiciaire, j’avais croisé plein de parents, un papa homme et une maman femme, qui battaient leurs enfants, les violaient souvent, les tuaient parfois. Je lui ai dit aussi que j’avais la chance d’avoir des amis homosexuels, ensemble depuis 25 ans, qui avaient adopté des orphelins auxquels ils dispensaient un amour fou et que du coup, cela faisait trois heureux. Il a tout compris, lui qui partage sa classe avec des copains nés d’hétérosexuels qui se déchirent chaque jour.

Emportée par ma colère du jour, je m’égare un peu. Il me faut oublier Barjot – « l’attachée de presse de Jésus », comme elle s’est présentée humblement après avoir chanté « Fais-moi l’amour avec deux doigts » – pour revenir à Christine Boutin à qui je dois mon coup de sang. Madame Boutin a commis un tweet à 15 heures, ce 14 mai 2013. Elle répondait à un contributeur du Nouvel Obs qui commentait l’annonce, par Angelina Jolie, de son ablation des seins : « Pour ressembler aux hommes ? Rire ! Si ce n’était triste à pleurer ! » écrit madame Boutin…

Quand j’ai lu ces quelques mots misérables, j’ai ressenti une forme de pitié pour la dame Boutin, « Républicaine sociale », « chrétienne-démocrate ». Railler une femme, une mère, qui a recours à la mastectomie pour atténuer les risques d’être un jour rattrapée par un cancer quasi inéluctable relève, dans le meilleur des cas, d’une méchanceté profondément enracinée. C’est triste, d’avoir tant de noirceur à l’âme. Tout le contraire d’une Angelina Jolie qui pense à ses enfants plus qu’à sa féminité, qui dépense sans compter sa fortune pour aider les autres, surtout les petits qu’elle espère ainsi voir grandir, le plus longtemps possible. Puis la colère a chassé la pitié : comment oser se moquer d’un tel acte de courage physique – l’ablation est un acte lourd, jusqu’à 13 heures au bloc – et psychique ? Comment oser rire d’une femme porteur d’un gène pernicieux, lequel a tué sa mère à l’âge de 56 ans ?

Christine Boutin me fait penser à ces dames qui, autrefois, invitaient à leur table l’abbé Machin après qu’il avait dit la messe et leur avait donné l’hostie, mais qui rarement donnait l’obole aux mendiants. La charité chrétienne ne s’apprend pas, elle est innée. Que madame Boutin retourne à ses œuvres ; Angelina Jolie, elle, se chargera du reste : aider les pauvres et aimer son prochain.

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